AGOR, un cyclotron supraconducteur à Orsay

Alors que le GANIL optait pour une conception relativement conservatrice de ses cyclotrons – stratégie payante puisque donnant lieu à des faisceaux très fiables avec un grand potentiel en intensité – d’autres laboratoires comme MSU choisissaient d’explorer la voie plus innovante des cyclotrons supraconducteurs, qui permettait de réduire drastiquement l’empreinte au sol de la machine ainsi que la consommation électrique des aimants.
C’est en 1987 que l’IPN d’Orsay entreprend ainsi, sous l’initiative de Sydney Galès, la construction du premier cyclotron supraconducteur Européen, AGOR, destiné à être installé à l’institut KVI de Groningen. De petite taille (4.4 m de diamètre, 3.6 m de hauteur) et peu gourmand en énergie (1 MW installé), il sera à cette époque le seul de ce type au monde capable de fournir toute la gamme des faisceaux d’ions (de l’hydrogène à l’uranium) dans une très large gamme d’énergie (200 MeV pour les protons, 6 MeV/nucléon pour les ions lourds) grâce à un champ magnétique intense et variable de 1.7 à 4 Teslas créé par des bobines supraconductrices en Nb-Ti refroidies à 4K. AGOR fournira son premier faisceau à Orsay en 1994 avec grand succès. Il sera ensuite déménagé et remis en route en 1995 au KVI, où il fonctionne toujours.

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