ALICE révolutionne la physique nucléaire

Après une mise en point complexe de plusieurs années menée par André Cabrespine et Marc Lefort, typique pour un cyclotron à énergie variable (qui possède des résonateurs à fréquence variable, des aimants à champs variable et une extraction sophistiquée, permettant d’accélérer une très large gamme d’ions différents), le CEV rentre en opération de routine pour les utilisateurs en 1966. En parallèle, Claude Bieth avait développé un linac injecteur (1.1 MeV/nucléon) pour le CEV qui, en épluchant les faisceaux d’ions lourds, pouvait fournir des états de charge supérieurs à ceux d’une source classique.
L’ensemble Linac + CEV, appelé ALICE, entrera en fonctionnement en 1968 et constituera la première machine au monde à pouvoir accélérer des ions très lourds à des énergies de l’ordre de la barrière coulombienne (plus de 5MeV/nucléon jusqu’au Krypton A=80). Grâce à cette machine, des découvertes importantes ont été faites tant en physique nucléaire que dans d’autres domaines de la physique atomique, et la France devient alors un pays de premier plan pour la physique des ions lourds. ALICE fonctionnera jusqu’en 1985, passant le relais à SARA et surtout au GANIL.

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