Le boom des sources ECR

Parce que l’énergie maximale fournie par un accélérateur augmente directement avec la charge de la particule accélérée, la production d’ions multi-chargés a toujours été l’objet de nombreuses études. Les années 70 ont vu la naissance de sources d’ions d’un nouveau genre, basées sur l’utilisation de la résonance électrique cyclotronique (ECR en anglais) pour ioniser un plasma. Inventée par Richard Geller à Grenoble (au CEN puis à l’ISN), la source ECR est capable de produire de très forts courants d’ions lourds multi-chargés en continu, grâce au long temps de confinement des ions dans le plasma (qui permet des ionisations multiples) et à la faible pression de gaz dans la source (qui minimise les recombinaisons).
Cette technologie, aujourd’hui expertise phare des équipes du LPSC, est rapidement devenue mondialement incontournable. Elle a d’abord été utilisée pour alimenter le cyclotron de Louvain-la-Neuve en 1981, sur celui de SARA en 1983 à Grenoble, décuplant les capacités de la machine, puis très rapidement au GANIL. Elle est utilisée aujourd’hui dans un très grand nombre d’accélérateurs d’ions, comme par exemple au CERN pour la production des faisceaux de plomb du LHC. Elle a également permit la naissance en 1991 de la société Pantechnik, issue du GANIL, ou encore de la société Polygon Physics en 2014, issue du LPSC, qui ont pour vocation de valoriser la R&D sur les sources d’ions des laboratoires français.

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